"Ça se dit pas ! Ça se fait pas !"

 

Après des mois d’un silence quasi religieux, me voilà de retour pour partager avec vous une petite anecdote. On a vite tendance à dire que la vie et les discussions des profs ne tournent qu’autour de leur boulot : ce n’est pas vrai pour tout le monde. Pourtant, ici, c’est bien d’un évènement relatif à ma salle de classe qu’il s’agit. Alors subissez (ou pas) les tribulations d’une pauv’ prof de français.

La semaine dernière, alors que nous abordions en classe de troisième, un texte issu de la littérature jeunesse (oui, Balzac et Hugo ne font plus le poids), nous avons abordé la question de l’homosexualité. D’ailleurs, si cela intéresse quelqu’un, il s’agit d’un ouvrage très intéressant et facile à lire, intitulé « Le faire ou mourir », de Claire-Lise Marguier. Il y est question d’un jeune homme d’une quinzaine d’années qui fait ses premiers pas dans l’homosexualité. L’histoire est assez gore, et c’est d’ailleurs pour cela qu’elle plait bien. L’oeuvre soulève pas mal de clichés ou de points sensibles comme la scarification, la solitude adolescente, la violence des sentiments, les rapports conflictuels avec les parents, etc.

Bref, nous n’avons étudié en classe que les premières lignes du bouquin et dans ces lignes, l’éventuelle homosexualité du personnage est à peine suggérée par la douceur d’une caresse d’un de ses camarades. Comme j’essayais de faire parler mes élèves sur ce qu’ils avaient compris du texte, un élève me dit bravement « Mais madame, il est gay, non ? »

Et là, ce fut le tollé. Non pas un tollé indigné d’aborder un sujet aussi controversé… Pas plus que des éclats de rires auxquels je m’attendais maladroitement, tant la chose est sujette à moquerie d’habitude… Non. C’était un tollé indigné certes, mais dans la retenue de ce que l’on doit taire. Comme mon brave élève se retournait pour interroger ses camarades dans un hochement d’épaules, je les entendis murmurer des « T’es fou toi ! » , « Arrête, ça se dit pas », « Ça se fait pas ! » ou encore « Tu vas devoir lui donner ton carnet ! »

Là, je vous avoue que j’étais carrément perplexe. Et comme je leur demandais pourquoi ils chuchotaient tous ce genre d’âneries incompréhensibles, une de mes élèves, mini-butch et future lesbienne en puissance, lève courageusement la main et me dit :

– Mais Madame, ça se dit pas « Gay » !

– Ah ? Et alors on dit comment ?

– Ben je sais pas, mais ça se dit pas ! C’est pas bien. C’est une insulte !

– Euh… non. C’est un fait. « Tarlouse, tante, sale PD », d’accord, je veux bien, mais Gay ?

– Mais si, je vous jure Madame ! L’autre jour, quand j’ai dit ce mot-là en cours d’histoire, Madame X m’a punie. Elle a dit que j’étais homophobe, elle m’a collée et elle m’a fait faire une rédaction sur l’homophobie.

Comme je n’oublie pas que ces pauvres petits bambins savent pertinemment manipuler leur petit univers, je lui demandai de confirmer les circonstances dans lesquelles elle avait prononcé ce mot impie ! Là, ses camarades m’ont certifié l’innocence de son propos.

Je n’aime pas discréditer des collègues, mais j’étais un petit peu remontée.

Comment faire passer un message de tolérance aux gamins quant à l’homosexualité si la moindre évocation est taboue ? Si même quand ils emploient un vocabulaire décent, on les fustige ? Et enfin, comment un gamin potentiellement homosexuel peut se sentir à l’aise avec sa sexualité si les adultes, et pire, le corps enseignant leur matraquent ce genre de conneries sur la tête ?

Je ne me suis jamais senti l’âme d’une militante, mais je suis concernée. Depuis une semaine, je rumine ces mots dans un coin de ma tête.

Le hasard a voulu que, comme nous avons abordé le récit adolescent en classe, arrivés à la cruelle période des évaluations, je leur ai donné lundi un sujet d’expression écrite, dans lequel je leur demandais de raconter l’évènement qui avait bouleversé leur vie. Ma mini-butch (qui a un niveau catastrophique en français mais qui est des plus volontaires) vient me voir à la fin du cours en me disant :

– Wouah ! Madame ! J’ai trop eu l’inspiration aujourd’hui ! J’me suis gavée. J’ai jamais autant écrit de ma vie !

Son plaisir était tel que je n’ai pas résisté : j’ai lu sa copie à la récré suivante.

Dedans, elle me raconte qu’il y a deux ans, elle se scarifiait, sans savoir pourquoi. Qu’elle se faisait du mal. Que ce n’était pas bien, mais qu’elle ne pouvait pas faire autrement (sans le savoir, puisqu’elle n’avait pas lu la suite du bouquin, elle me donnait une version quasi identique à celle du livre). Et brusquement, une personne avait tout changé dans sa vie : sa meilleure amie. Et alors elle me racontait à quel point cette personne comptait pour elle, et qu’elle n’imaginait plus de vivre sans elle.

C’est touchant de lire autant d’innocence et de pudeur dévoilée. Elle ne parle pas d’amour, mais d’amitié. Pas de désir, mais de nécessité. Pas de honte, mais de libération. Son texte est sincèrement émouvant, et pas seulement parce que je suis lesbienne (et que je la comprends peut-être mieux qu’une autre), mais parce qu’elle parle de l’épisode le plus douloureux de sa vie et qu’elle en fait la meilleure chose qui lui soit arrivée. Le tout a beau être très très mal écrit, ce n’est pas son orthographe qui m’a bouleversée.

J’ai photocopié son travail, je l’ai soigneusement agrafé et j’ai mis un petit post-it jaune dessus disant : « Je ne pense pas qu’elle soit HOMOPHOBE ». Je l’ai signé et l’ai glissé dans le casier de ma collègue d’histoire.

 

31 réflexions sur “"Ça se dit pas ! Ça se fait pas !"

  1. pucedepoesir dit :

    @Cat … m’en parle pas !
    @nenet , non, j’attends lundi avec impatience ! Je lui aurais bien remis le devoir en main propre mais je ne sais pas à quoi elle ressemble. Je suis nouvelle dans le collège, remplaçante, et elle n’est jamais en salle des profs donc je ne sais même pas à quoi elle ressemble !

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  2. koupit dit :

    @cat, ben oui, moi c’est ce que je leur ai appris aux élèves …
    Je suis un peu abattue @pucedepoesir
    Cela dit, pour en parler, chaque année, avec les cinquièmes en éducation civique, je sais que le mot « gay » passe très bien … alors que certains me reprochent d’utiliser le mot « noir » à la place de black !

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  3. pucedepoesir dit :

    @koupit , je suis d’accord ! Justement ! Le mot « Gay » devrait TRES bien passer auprès des élèves ! C’est pour ça que je suis outrée qu’il ne passe auprès des PROFS !!!
    J’ai une pensée émue pour toi : quand je vois les pincettes que j’ai dû prendre pour aborder l’homosexualité en classe, je n’ose imaginer comment gérer un cours d’éducation civique !

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  4. koupit dit :

    @pucedepoesir
    Ils sont plus petits… c’est peut être plus facile. En troisième, je n’ai l’occasion d’en parler qu’au moment de la deuxième guerre mondiale, en général.
    En cinquième, il y a des réflexions dégoûtées, à chaque fois. Et souvent la crainte : « mais je ne pourrais pas avoir un copain gay, il voudrait me draguer! » Mais parfois certaines très belles remarques.
    Je les ai tellement étonnés en disant que « oui, j’en connaissais, des Zomos »

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  5. Numa Numantius dit :

    @pucedepoesir

    « Je n’aime pas discréditer des collègues, mais j’étais un petit peu remontée. »
    « Je lui aurais bien remis le devoir en main propre mais je ne sais pas à quoi elle ressemble. Je suis nouvelle dans le collège, remplaçante, et elle n’est jamais en salle des profs donc je ne sais même pas à quoi elle ressemble ! »

    Ce qui aurait été bien, ça aurait été de discuter avec la collègue avant, non ? Se fier à ce que dit un élève de sa punition (même si c’est confirmé par ses camarades), sans en parler avec l’enseignante qui a mis la punition, ce n’est quand même pas très sûr. Et puis par principe, quand on accuse quelqu’un, on écoute sa défense ou son explication avant de rendre un jugement.

    « Le mot « Gay » devrait TRES bien passer auprès des élèves ! C’est pour ça que je suis outrée qu’il ne passe auprès des PROFS !!! »
    Ce serait bien de ne pas confondre le cas d’une collègue que tu n’as jamais vue (!) avec tous les profs…

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    • pucedepoesir dit :

      @Numa : ne crois pas que je généralise à ce point le cas d’un prof. Je sais (et heureusement d’ailleurs) que ce cas-là est isolé. Si j’ai réagi de cette manière, c’est parce que tout isolé soit-il, il suffit à faire des dégâts. De plus, tu dis très pertinemment que j’aurais dû en parler avec la prof concernée, et là aussi, je suis d’accord. C’est probablement ce qui arrivera. Ceci dit, même si les « circonstances » n’étaient pas aussi révoltantes qu’elles me sont apparues aux dires des gamins, il n’empêche que c’est ce que « eux » en ont retenu. Et je trouve cela dommage. Et inquiétant.
      Et je pense que parfois, même dans une volonté de bien faire, certains sont maladroits. Peut-être n’était-ce qu’une maladresse de sa part, sûrement même. Mais dans la conscience collective d’une classe de 3e, le mot « gay » est devenu tabou.

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  6. koupit dit :

    @numa : le problème c’est que la parole d’un prof a quand même pas mal d’importance. Et quand c’est une prof d’HGéo et donc d’éducation civique (qui donc traiter de toutes les discriminations) en cours, ça m’énerve ! Ca m’énerve qu’il y ait des tabous.

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  7. Elywen dit :

    J’aurais aimé avec des profs comme vous! Personnellement je n’ai JAMAIS entendu parler d’homosexualité a l’école… Ni meme dans les interventions du Planning familial etc…
    Je trouve ca vraiment dommage en effet qu’un mot aussi « insignifiant » que gay mérite une punition s’il n’est pas associé a une moquerie…

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  8. destop dit :

    Ce n’est pas le sujet principal, mais le coup de photocopier le devoir, ça me gène vachement (tu confirmes pourquoi je ne me suis jamais ouverte en rédaction). Si c’est vraiment personnel ce qu’elle te met, elle fait confiance, alors filer le devoir à la prof qui l’a punie, ce n’est pas hyper délicat…

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  9. Neoprofs dit :

    Bonjour,

    Comme ce sujet aborde le thème de la lutte contre l’homophobie à l’école, je vous signale l’existence du forum http://www.neoprofs.org où nous abordons régulièrement, parmi de nombreux autres sujets quotidiens, les thèmes liés au genre et à l’orientation sexuelle.

    N’hésitez pas à venir participer au forum si le coeur vous en dit, par exemple en apportant vos témoignages.

    Bien cordialement,

    John, administrateur du forum neoprofs.org

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  10. pucedepoesir dit :

    @leslieknope : je ne me le serai jamais permis. S’ils me font suffisamment confiance pour me confier ce genre de choses (et encore, on m’a confié bien pire) c’est qu’ils sentent qu’ils le peuvent. Cette élève n’est probablement pas encore vraiment consciente de son homosexualité, et d’ailleurs, ça n’était pas le sujet de son devoir, ça n’était que sous-jacent. Aussi, quand je lui ai dit que j’aurais aimé pouvoir faire lire sa copie à certains collègues parce que je l’ai trouvée particulièrement touchante et que c’était un bel exemple de volonté(bien avant de la glisser dans le casier de la prof d’histoire), elle était vachement fière d’elle. Elle m’a dit qu’elle n’était pas fière de ses scarifications mais qu’elle était fière de s’être sortie de ce mal être.

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  11. Sechmet dit :

    Aaah… des mois que je suis ce blog (juste en le parcourant), et que je me désolais de le voir abandonné depuis plusieurs mois…
    Voilà qui fait plaisir !
    Tellement bien écrit, parfois émouvant, parfois tellement amusant que je me suis surprise à rire toute seule en lisant un article ! Et bien sûr, toujours très intéressant, dans la forme et le contenu…

    Je sors juste du lycée, et j’aurais bien aimé avoir une (ou un) prof aussi ouvert sur l’homosexualité… pour en parler en classe, essayer, je ne sais pas, oui, juste d’en parler aurait déjà été vraiment bien.

    Parce que le tabou, malgré tout, reste là… et la prise de conscience fait vraiment très mal quand le sujet n’a jamais été abordé, au sein de sa famille, ou dans sa vie en général.

    On avait bien (a toujours ?) des « cours d’éducation sexuelle », enfin, je ne sais plus comment ils appelaient ça, mais c’était plutôt au collège, une fois par an, et à part apprendre à enfiler des préservatifs sur des tubes de dentifrice, on ne faisait pas énormément de choses…
    Remarque, avec une séance par an, ce n’est peut-être pas étonnant…

    C’est très bien d’aborder ce genre de choses en cours, vraiment !

    J’ai également un peu « coincé » sur le fait d’avoir partagé cette copie avec la prof d’histoire, mais si la fille est d’accord, pas de problème…

    M’enfin, j’espère moi aussi pouvoir lire la fin de cette histoire prochainement !

    Au plaisir de continuer à vous lire !

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  12. Sechmet dit :

    Je l’espère ! 🙂

    Mais quand on cherche bien, on a toujours quelque chose à raconter… après, intéressant, cela dépend de l’appréciation de chacun, ma foi… et de la manière de le raconter (mais bon, en tant que prof de français, je pense que l’expression écrite n’est pas le problème majeur, non ? ^^)

    (Une autre publication ! Une autre ! Une autre ! :DD)

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  13. Sophisticket dit :

    Pfouuu, tes articles m’avaient tellement manqué ! Et celui là est très émouvant, ça me rappelle moi au collège, un peu, et j’aurais aimé qu’on me parle d’homosexualité comme ça. Et non pas comme ta collègue l’a fait.
    C’est vrai que c’est un problème ça : on ne peut pas mettre à l’aise les gens en les « éduquant » comme ça :/

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  14. Emilie dit :

    Je comprends parfaitement votre révolte et c est intéressant que vous parliez de ce sujet parce que quand j étais en lycée je sentais que ce sujet mettais mal à l aise les enseignants et qu il en résultait parfois des inexactitudes voire des propos choquants sur l homosexualité. Aujourd hui je me retrouve dans le même lycée dans lequel j ai fait ma scolarité mais en tant qu AED (Assistant d éducation ou surveillant pour celles et ceux qui ne connaitraient pas le sigle).
    Je suis choquée par les propos qu à eu une personne de l administration sur un élève « Tu as vu comment il se fringue, il met des vêtements de fille alors que c est un mec de base » elle n à pas trop aime ma réaction parce que je lui ai dit qu il avait le droit de se fringuer comme il le désirait. Si l élève l avait entendu il aurait pu très mal le vivre que ce soit parce qu il n accepte pas totalement son corps ou parce qu il est transition.

    J ai entendu dire un collègue AED dire à un collégien (parce que nous travaillons parfois avec l annexe du lycée) : « Arrête de pleurer un garçon ça ne pleure pas », et quand je dis que c est un cliché de genre on dit que j en fais de trop.

    Je suis chargée comme d autres collègues, de raccompagner les internes collégien à leur internat le soir. D autres collègues AED m ont fait part de propos qu un collégien pouvait dire : »L homosexualité est contre nature », « Il faut une maman et un papa » « Jamais je ne pourrai me mettre à la place d un homosexuel ca me dégoute »… Une de mes collègues essaie de deconstruire ses propos en lui disant qu il y a des animaux qui sont homos donc que ce n est pas contre nature etc.. Elle lui a même dit « Et moi, si j étais homosexuelle, qu est ce que tu dirais ? » ce à quoi il lui a répondu que c était impossible.
    Ma collègue a pu connaître ses propos car elle a su créer un rapport de confiance avec lui. Et sa CPE responsable est au courant et encourage ma collègue à deconstruire ses propos. Seulement, s il m en parle un jour, j essaierai d en faire autant, ce ne sera pas évident parce que je suis concernée par le sujet. Avez vous des conseils à me donner ? Dois je lui dire que je suis homosexuelle pour essayer d agrémenter sa reflexion ? Généralement je n en parle pas car j estime que c est la vie privée mais parfois je me dis que cela pourrait être utile…

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    • pucedepoesir dit :

      Franchement, je ne sais pas si je peux vous conseiller quoi que ce soit. Je sais qu’en tant qu’AED, comme en tant que profs ou CPE, nous sommes souvent confrontés à ce genre de cas. Je pense que c’est une très bonne chose de ne pas fermer les yeux et les oreilles, d’établir et de maintenir le dialogue, de déconstruire ces barricades homophobes en informant, dédiabolisant et démystifiant les choses. Quant à vous dire de vous ouvrir à lui sur votre propre homosexualité, ce choix vous revient, si vous l’estimez nécessaire.
      Pour ma part, en tant que prof (ou AED, parce que je l’ai été), même si je pars du principe que je ne dois pas nier ou avoir honte de mon orientation sexuelle, elle ne concerne en rien mes élèves. Je pense que, pour ceux qui sont homos et n’osent pas s’en ouvrir, comme pour ceux qui sont homophobes et violents, ils ont avant tout besoin de soutien, d’écoute et de tolérance. Et de SAVOIR.
      Pas plus tard que la semaine dernière, j’étais en cours avec une classe de seconde et pour expliquer que la tragédie classique s’inspirait des modèles antiques, j’ai dû faire un point d’histoire de l’antiquité. Quand on fait un point d’histoire, on digresse souvent… et n’allez pas croire que je parle de sexualité comme je parle de stylistique, mais presque… Aussi, nous en sommes venus à aborder le fait que l’homosexualité était banalisée dans l’antiquité grecque comme romaine… ce qui, évidemment, a profondément choqué les élèves.
      C’est avec un certain plaisir, pour ne pas dire un plaisir certain que je leur ai rappelé que la sexualité était avant tout une question de plaisir, et que nos ancêtres grecs et romains n’étaient pas fous : ils prenaient leur plaisir là où il le trouvaient, sans distinction. Ce n’est que sous les lois de l’Eglise que la relation hétérosexuelle s’est instaurée comme la seule sexualité possible, admise par l’Eglise… Et que nous sommes, encore aujourd’hui, les héritiers de ces siècles de domination religieuse (avant cela, on ne faisait même pas forcément de distinction entre hétéro-homo-sexualité).
      Hébétude et curiosité dans le regard des élèves quand ils comprennent que ce que l’Eglise a construit, notre société « laïque » devrait pouvoir le déconstruire… Et le déconstruira, j’en suis persuadée… avec le temps.
      Bref… Ne perdons pas espoir… J’ai encore digressé, là…

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      • Emilie dit :

        Merci pour m avoir répondu !
        Il s avére que j en ai rediscute avec ma collègue, elle est davantage dans le « Tu ne peux pas dire ça, c est blessant et je t explique pourquoi » que dans la deconstruction profondément. Il est déjà beaucoup perturbé d avoir quelqu un qui prend le temps de s opposer à ses propos racistes et homophobes et nous avons peur d y aller trop brusquement et qu il le vive très mal. Puisque il est certain qu il recrache le discours de papa maman. Nous ne voulons pas le forcer à construire un discours en opposition avec ses parents s il n est pas encore prêt et visiblement il ne semble pas l être. Car si nous faisons cela, je pense que ce sera tres difficile à vivre pour lui donc nous cherchons à deconstruire ses propos petit à petit sans que cela soit trop brusque. De plus, il reçoit souvent des brimades de ses camarades en raison de ses propos homophobes, ce qui est bien mais il ne faudrait pas que cela tourne au harcèlement non plus.

        C est intéressant de revenir aux sources avec les élèves et leur montrer que ce qui est prit pour acquis aujourd hui ne l était pas forcément à l époque comme cette tradition religieuse dont nous avons hérité.

        Votre réponse m apporte des éléments d argumentation et m incite encore plus à poursuivre avec ma collègue la conversation avec l élève en restant la plus bienveillante possible 🙂

        Ps : Que ce soit prof, CPE ou AED ce n est pas forcément évident de savoir composer avec ce genre de situation

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      • pucedepoesir dit :

        Non, ce n’est jamais évident, mais c’est notre défi quotidien… ce qui fait qu’on ne s’ennuie jamais !
        Et qu’on a peu de temps pour écrire… 😉
        Votre collègue me semble bien avisée et c’est très important de pouvoir travailler en équipe sur ce genre de problématique, c’est toujours plus efficace et plus enrichissant.
        Bon courage et bonne continuation, Emilie !

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