Et elles vécurent heureuses…

Chères lectrices (et non moins chers lecteurs),

chaque été, je publie habituellement une petite nouvelle, très souvent érotique, pour entretenir ma flexibilité digitale et pour – je l’espère – votre plaisir. Il n’aura pas échappé aux habitué.e.s que cette année, j’ai failli à cette mission. J’ai une bonne excuse : cet été, je me suis mariée.

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A défaut de partager avec vous quelques lignes érotiques, je vous livre aujourd’hui les lignes les plus romantiques et authentiques de ce blog. N’y voyez pas un étalage exhibitionniste de ma part. Il s’agit avant tout d’un message d’espoir, d’un peu de lumière sur le présent et l’avenir de l’Homme (et surtout des Femmes) !

Je ne vous raconterai pas l’histoire de ma vie : elle n’a pas grand intérêt. Je ne vous raconterai pas non plus ma rencontre avec la femme exceptionnelle qui a accepté (enfin!) d’être la mienne pour toujours – certaines choses sont du domaine de l’intime – mais il y a une chose que je tenais à dire ici.

Quand j’ai découvert mon homosexualité – tardivement, quasiment à 25 ans -, j’étais persuadée qu’une partie de moi serait condamnée à être malheureuse. Parce que je ne serais jamais acceptée dans ma famille. Parce que je devenais une honte pour mes parents. Parce que je vivrais marginalement et que, malgré l’évolution des mentalités, on me catégoriserait toujours comme étant « celle qui est lesbienne ».6T7A5905

J’étais résignée à vivre avec cette partie malheureuse. A la refouler au plus profond de moi (j’en ai l’habitude, apparemment). J’étais prête à lui faire un petit cocon silencieux, presque indolore pour m’épanouir auprès de mes amours tant familiales que sentimentales. Mais la vie en a voulu autrement.

Comme chez de trop nombreuses personnes LGBT, l’aveu de mon homosexualité s’est révélée très douloureux, violent, inacceptable pour ma famille. Issue d’un père espagnol, d’une mère italienne, j’ai été élevée dans le milieu catholique, superstitieux et très fermé des gens de la terre. Un milieu où les valeurs familiales sont essentielles, la réputation primordiale et les principes infaillibles. Un milieu où la culpabilité est le moteur de chaque pensée, de chaque action. Une famille néanmoins sincèrement et profondément aimante. Une famille que j’ai toujours trouvée extraordinaire et pour laquelle j’aurai toujours le plus grand respect.

Si mes premières amours ont causé bien des maux, ces dernières années les tensions et les incompréhensions se sont apaisées. Mon épouse aura fait tomber leurs derniers bastions d’intolérance. Ma famille est presque aussi amoureuse d’elle que moi ! Nous nous sommes mariées le week-end dernier, dans le village de mon enfance, dans la propriété familiale, entourée de nos proches (familles et amis), au vu et au su de tous, sans honte, sans reproche, sans regard de travers (à peine quelques regards curieux des passants qui cherchaient les mariés). Nous nous sommes mariées dans l’amour, la simplicité et la félicité. Sans fausse pudeur ni exubérance. Et c’était le plus heureux des mariages.

6T7A5676Pour 95% des invités, il s’agissait du premier mariage d’un couple de même sexe, aussi, la curiosité était au rendez-vous… Les gens ont été surpris par deux choses : nous voir apparaître toutes les deux en robes blanches sur un énorme pick-up, et l’amour simple et – à en croire leurs dires – beau qui rayonnait autour de nous. Ce fut un réel plaisir de partager ce moment avec nos proches, d’entendre leurs compliments et leurs voeux, de lire l’émerveillement sur leurs visages, de profiter de l’intensité de ce bonheur que l’on dispense et que l’on reçoit.

DSC_0158 (2)Aujourd’hui, je crois que je peux dire que j’ai eu le mariage dont je n’avais jamais osé rêver. D’abord parce que j’ai épousé l’amour de ma vie (et ça n’est pas qu’un cliché), mais aussi parce que ce week-end, j’ai dit adieu pour toujours à cette partie malheureuse de moi, celle que je croyais devoir héberger à vie, cette locataire mauvaise payeuse, indésirable et nuisible. Aujourd’hui, je peux dire – sans avoir consommé la moindre substance illicite, c’est promis – que je suis profondément heureuse.

Par les temps qui courent, le mariage n’est sans doute plus un accomplissement ni une une nécessité… Mais le bonheur… Aussi, je vous souhaite à tous de vivre cet état de plénitude, même fugace…

On dit que le bonheur est une chimère, un état éphémère, trop fuyant pour être honnête… Mais qui écoute encore les « on dit » ? Mon bonheur, je l’embrasse tous les soirs et tous les matins, et je compte bien faire le nécessaire pour que cela dure encore et encore…

Bien à vous,

 

La mariée !

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P.S. : Pour les adeptes des récits érotiques, rassurez-vous. Une idée a germé cet été. Pour l’instant, elle n’a abouti qu’à deux malheureux paragraphes… mais prochainement, peut-être…

9 réflexions sur “Et elles vécurent heureuses…

  1. Corinne Martinez dit :

    Encore un texte magnifique ! Romantiques ou Erotiques, tes textes confondent à merveille les deux thèmes. C’est un plaisir de lire entre tes lignes, le phrasé de mes propres émotions. Merci Bulle de Poesir…

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