Du côté de chez soi (partie 9)

Précédemment…

XV

            Camille retira ses chaussures et se jeta en travers du lit. Il n’était pas loin de vingt heures en ce jeudi soir et elle rentrait à peine à son hôtel. Sa dernière réunion avait été une véritable épreuve de force. La fièvre était un peu remontée dans l’après-midi et le paracétamol qu’elle avait ingéré n’avait pas compensé la fatigue occasionnée par son état. Quand son client avait proposé un repas pour fêter la signature de leur récent contrat, elle avait poliment décliné et il s’était montré compréhensif. Ses cernes et sa toux avaient été une justification suffisante pour ne pas qu’il s’offusquât.

            Incapable de songer à un quelconque repas, elle rassembla ses dernières forces pour se traîner dans un bain bien mérité. L’eau chaude ne tarda pas à la réconcilier avec la vie et une partie de sa fatigue s’estompa alors qu’elle plongeait sa tête sous l’eau. Là, dans une quasi apesanteur liquide et mousseuse, elle s’abandonna à ses pensées. Le lendemain matin, elle pourrait enfin boucler sa valise. Après son déjeuner avec un de ses plus anciens clients, elle prendrait enfin son vol de retour. Émile lui manquait, bien sûr et elle aimait anticiper leurs retrouvailles du dimanche soir. Mais plus que tout, elle bouillait de retrouver Raphaëlle.

            Ces derniers soirs, elles avaient beaucoup parlé. Elles s’étaient appelées tous les soirs, et tous les matins, Camille s’était réveillée avec son téléphone à ses côtés, sur l’oreiller. Raphaëlle finissait sans doute par raccrocher dès qu’elle sentait qu’elle parlait dans le vide. Elles parlaient de tout et de rien. Elles se racontaient leur journée. Parfois, elles s’aventuraient dans des théories futiles qu’elles développaient pour le seul plaisir de continuer leur conversation. Parfois, Camille se laissait aller à des mots tendres, et systématiquement, Raphaëlle la grondait gentiment.

            La jeune femme lui parlait toujours d’une voix si douce que Camille ne pouvait envisager de ne plus l’entendre. La veille, Camille s’était entendu dire, dans un frisson de fièvre : « J’ai froid… réchauffe-moi… je voudrais tellement que tu sois là… ». Rapahëlle n’avait pas vraiment répondu. Elle s’était contentée de murmurer son prénom. Elle l’avait entendue respirer un moment. Elle l’avait imaginée en fermant les yeux. Elle s’était blottie dans son silence muet. Elle avait senti ses bras dans le moelleux de la couette. Elle avait convoqué son odeur et soupiré d’aise. Puis Raphaëlle avait changé de sujet.

            Dans la journée, Camille s’interrogeait sur ce nouveau rapport entre elles. Quelque chose avait bel et bien changé. Elle reconnaissait les symptômes de cette maladie vieille comme le monde, mais elle ne voulait pas poser son diagnostic. Refuser le mot, c’était se donner le temps de comprendre, et elle avait besoin de comprendre. Refuser le mot, c’était se persuader qu’on ne s’emballait pas. Il ne fallait pas s’emballer : elle n’avait pas vingt ans, elle n’était pas si naïve et surtout, elle n’était pas lesbienne ! Refuser le mot, c’était raisonnable. C’était prudent. Du moment qu’elle évitait le mot, que risquait-elle à écrire à Raphaëlle ? A lui répondre dans la seconde, et ce malgré les réunions ? A trembler à chaque apparition de son nom sur le téléphone ? A attendre désespérément leurs conversations nocturnes ? Elle avait le droit de trembler, de bouillir, d’être survoltée, tant qu’elle refusait le mot.

            Dans la journée, Camille refusait le mot, mais le soir… Aux creux des modulations bienveillantes et enjôleuses de la voix de Raphaëlle… Le soir, elle y pensait tellement fort que c’en devenait douloureux. Le soir, elle ne réfléchissait pas à ce grand bouleversement, à son orientation sexuelle ou à une prudence raisonnable. Le soir, elle retrouvait Raphaëlle et leur complicité ne souffrait pas la moindre réflexion.

            Camille avait la tête sous l’eau quand elle entendit le vrombissement précédant la sonnerie étouffée de son portable. Elle émergea rapidement et sortit un bras de l’eau pour se sécher la main et s’emparer du téléphone enthousiaste. Au nom s’affichant sur l’écran, elle sourit et décrocha aussitôt.

– C’est moi, lui dit Raphaëlle. Je suis sur le chemin du retour…

– Tu rentres à peine ? Tu n’es pas raisonnable.

– C’est sûr, mais ça t’arrange bien, je crois, non ?

– Si peu…

Camille tenta, sans grand succès, de réprimer une quinte de toux.

– Eh bien… ça va mieux, à ce que j’entends…

– Ne m’en parle pas. J’ai hâte d’en finir avec cette semaine.

– Tu m’étonnes… et je compte sur toi pour profiter du week-end pour te reposer…

– Oui mon ange.

– Camille… Ne fais pas ça…

            La voix de Raphaëlle se faisait encore plus tendre quand elle faisait mine de s’insurger. Camille sourit et décida de la provoquer davantage.

– Je te promets de me reposer, mais je comptais un peu sur toi pour prendre soin de moi… Tu fais quoi, ce week-end ?

– Camille…

– Tu me manques vraiment, tu sais ?

– Cam…

            Raphaëlle s’interrompit et soupira longuement avant de reprendre en changeant de sujet :

– Ça résonne beaucoup, là. Je crois que j’ai un problème avec mon Bluetooth. Je devrais peut-être attendre d’être chez moi pour te rappeler…

– Non, ce n’est pas ton téléphone, c’est parce que je suis dans le bain.

– Tu es…

– Je suis nue, dans mon bain.

– Camille !

            La véhémence et la détresse dans la voix de Raphaëlle arrachèrent un nouveau sourire à Camille. Pour une obscure raison, elle aimait que la jeune femme l’imagine, nue. Dans un réflexe inavoué, elle porta la main à sa poitrine et fit courir ses doigts sur la peau chaude et tendue de ses seins. Son corps réagit violemment et ses jambes se refermèrent brusquement sur son désir naissant.

– Je vais te laisser prendre ton bain. Je te rappelle plus tard.

– D’accord, capitula Camille. Mais ne traîne pas.

– Je suis bientôt chez moi. Moi aussi j’ai besoin… d’une douche… Je te rappelle après.

– Promis ?

– Promis.

            Camille abandonna son téléphone et plongea à nouveau sous l’eau. Chaque centimètre de peau la rappelait à son désir. Elle se laissa aller aux caresses de ses mains, aux dérives de ses fantasmes, à la voix chaude et sensuelle de Raphaëlle qui tatouait désormais son âme. Quand son téléphone bipa, elle eut bien du mal à s’extirper à son plaisir. Le nom de son fils qui apparaissait, porteur d’un nouveau message, lui fit l’effet d’une douche froide : « Papa me laisse utiliser Skype mais tu n’es pas connectée. Je voulais te voir avant de me coucher… ». Elle répondit à Emile de lui laisser une minute et en deux temps, trois mouvements, elle se rinça, sortit du bain et se sécha tout en allumant sa tablette.

            Emile était craquant dans son pyjama à rayures. En le voyant derrière son écran, Camille eut une bouffée d’émotions. Son visage poupon était en train de muer, comme le ferait bientôt sa voix. Ses traits se durcissaient à peine, mais elle devinait déjà l’homme en lui. Chaque jour, il la surprenait. Parfois, elle se serait bien passée de certaines de ces surprises. Comme tous les enfants, il avait commis son lot de bêtises, et elle savait qu’elle n’était pas encore tirée d’affaire de ce côté-là. Mais très souvent, il la stupéfiait par sa vivacité d’esprit et par sa gentillesse. Elle était consciente de sa chance.

            Lucas partait du principe que, élevé par des gens bien, il était normal qu’Émile devînt quelqu’un de bien. Mais Camille ne partageait pas ce point de vue. Elle avait vu bon nombre de personnes adorables souffrir de leur progéniture. Elle avait, certes, tout fait pour entretenir une relation de confiance avec son fils, pour le ménager pendant le divorce, pour l’ouvrir au monde et aux autres… Mais elle s’était vite rendu compte de leur chance : toutes les mères considèrent leurs enfants comme la première merveille du monde et dans son cas, c’était assez vrai !

            Émile ne s’arrêtait pas de parler. Il évoquait une sombre histoire de devoir de maths qu’un de ses camarades avait recopié sur un autre. Quand il parlait, il avait parfois des expressions de Lucas, comme cette petite fossette sur le front quand il s’énervait, ou encore ce petit haussement de l’épaule gauche quand il était satisfait de lui. Camille l’écoutait comme si sa vie en dépendait. Quand son téléphone sonna, elle sursauta. Émile demanda aussitôt :

– C’est qui ?

– Ça doit être Raphaëlle.

– Alors réponds !

– Oh, merci de ton autorisation !

            Camille décrocha sur le petit haussement d’épaule de son fils. Elle n’eut pas le temps de la prévenir que déjà la voix d’Émile couvrait la sienne :

– Salut Raphaëlle ! Alors ça avance comment ? Vas-y, mets le haut-parleur, maman !

            Camille s’exécuta tout en prévenant Raphaëlle.

– Comme tu l’auras peut-être compris, je suis en pleine conversation avec Émile, sur Skype.

– Ah… D’accord… Salut Émile ! Je te rappellerai plus tard alors…

– Non ! Non ! répliqua le garçon.

– Non, surenchérit la mère. Dis-nous plutôt comment tu as avancé aujourd’hui.

– Oui ! Dis-nous !

– Ça avance bien, s’exécuta la jeune femme. Aujourd’hui, j’ai presque terminé l’électricité. Il me reste deux fils à tirer demain, mais il me manquait deux dominos. J’irai faire deux courses demain matin. Puis je prépare les murs pour pouvoir commencer l’enduit la semaine prochaine. Je vais en avoir pour un bon moment… avant d’attaquer la faïence de la salle de bain et le carrelage…

– Ouais, y a encore du boulot, quoi…

            La petite voix blasée d’Émile arracha un éclat de rire à Raphaëlle. La jeune femme s’apprêtait à se défendre quand Camille rappela son fils à l’ordre.

– Dis, petit tire-au-flanc, il est temps d’aller te coucher.

– Mais maman ! Je lui parle jamais, moi, à Raphaëlle !

– Tu lui parleras la semaine prochaine.

– Mais maman…

– Émile…

            La voix autoritaire de Camille coupa court à la discussion. Après des bisous distribués équitablement à ses deux auditrices, Émile les quitta sur un petit bip musical. Camille ôta le haut-parleur. Elle préférait entendre Raphaëlle dans le creux de son oreille. Elle s’apprêtait à ranger sa tablette quand elle interrompit son geste.

– Raphaëlle ?

– Oui.

            La voix de la jeune femme s’était à nouveau faite velours.

– Est-ce que tu as Skype ? Ou FaceTime ?

            A l’autre bout du fil, un ange passa. Raphaëlle avait cessé de respirer. Il semblait presque à Camille qu’elle entendait le cœur de son interlocutrice battre dans le combiné. A moins que ce ne fût le sien.

– Raphaëlle…

– Oui. J’ai les deux.

            Camille raccrocha.

*

            Raphaëlle regarda son téléphone. La communication avait été coupée. Pourtant, son réseau affichait la 4G et trois barres sur quatre. Elle n’eut pas le temps de s’interroger. Le nom de Camille s’afficha à nouveau, sur FaceTime cette fois. Une vague de sueurs froides lui parcourut l’échine. Elle regarda son écran, fit un tour d’horizon de son salon, chercha vainement un miroir et finit par décrocher, la gorge serrée.

            Les trois secondes qui furent nécessaires pour la mise au point de l’image lui parurent interminables. Elle ne savait comment se tenir. Elle remarqua avec consternation qu’elle portait son plus vieux T-shirt, blanc, informe, mité. Ses cheveux étaient encore mouillés et elle n’avait pas mangé. Camille n’allait pas manquer de remarquer le mur jauni par une fuite depuis l’été dernier. Elle verrait sans peine le manque d’aménagements de cet appartement qu’elle habitait à peine. Elle en conclurait sans doute que…

            Le visage de Camille apparut soudain, souriant et épuisé à la fois. Dans la poitrine de Raphaëlle, le sang battait si fort qu’elle se sentit oppressée. La douleur s’effaça brusquement quand Camille parla enfin :

– Ah ! ça fait tellement du bien de te voir…

            Raphaëlle ne put s’empêcher de sourire à son tour. Oui, malgré son trouble, c’était un soulagement de voir Camille. Sans doute à cause de la distance, ou peut-être au contraire à cause de ce rapprochement de ces derniers jours, la jeune femme la trouva plus attirante que jamais. Pourtant, elle s’inquiéta aussitôt de ses traits tirés et de son nez rouge. Camille la rassura.

– Ça va tout de suite beaucoup mieux, quand je te vois. Je ne sais pas pourquoi je n’y ai pas pensé plus tôt.

– Camille…

            Cette fois, la belle enrhumée pouvait associer la tendre voix de Raphaëlle à cette petite moue irrésistible qu’elle faisait en prononçant son prénom.

– Tu es… vraiment très belle. Ça, bien sûr, je l’avais déjà pensé, avant.

– Camille… Tu ne sais plus ce que tu dis.

– La fièvre, sans doute ?

– La fièvre, sûrement oui. Tu as pris tes médicaments ?

– Quand je les prends, je m’endors. Et là, je veux te voir.

– Camille…

– Oui, mon ange ?

– Cam…

            Camille fut toute retournée de la douleur qu’elle lut dans le regard de Raphaëlle.

– Ne fais pas ça, murmura-t-elle toujours aussi tendrement. Et prends tes médicaments.

            Son regard blessé la couvait de tant de prévenance qu’elle ne put que lui obéir. Quand ce fut fait, Camille se glissa sous les draps et s’assit en plaçant confortablement ses oreillers derrière son dos. Les genoux repliés, elle cala la tablette face à elle. Elle proposa à Raphaëlle de manger avec elle et la jeune femme s’exécuta. Pendant qu’elle avalait un peu de pain et de fromage, Camille lui raconta sa journée.

– Tu ne peux pas ne manger que ça. On ne t’a rien dit sur les fruits et les légumes ? Est-ce que tu as quelque chose de ce genre, chez toi ?

– Je dois bien avoir une ou deux mandarines, grommela Raphaëlle.

            En épluchant son unique mandarine, la jeune femme reprit ses avancées de la journée. Elle compléta le compte-rendu fait à Émile et avertit Camille de ses ambitions du week-end.

– Non, il est hors de question que tu travailles ce week-end.

– Mais le…

– Raphaëlle…

            La jeune femme sourit en reconnaissant la même intonation dans la voix de Camille que lorsqu’elle s’adressait à son fils.

– Oui maman, répliqua-t-elle en tirant la langue.

– Ah ah… Très fin. Maintenant, si tu cherches à t’occuper ce week-end, je n’ai pas mon fils, justement…

            Raphaëlle avala avec peine son quartier de mandarine.

– Oui, mais toi, ce week-end, tu dors !

– Non. Je me repose. C’est quelque chose qu’on peut faire toutes les deux, non ?

– Camille…

– Mon ange ?

– Arrête.

            Raphaëlle fuit le regard de son interlocutrice en laissant ses cheveux envahir son visage. Elle poursuivit néanmoins, péniblement.

– Tu ne peux pas continuer à faire comme si…

– Comme si quoi ?

– Comme si on était…

            Les mots ne sortaient pas. Raphaëlle ne pouvait pas. Incapable de se ressaisir, elle détourna le téléphone et engloutit bruyamment son dernier quartier.

– Comme si on était quoi ? s’entêta Camille.

– Je crois que je devrais te laisser dormir, tenta la jeune femme, toujours sans recadrer son visage.

– Ne crois pas que tu vas t’en tirer comme ça, avertit Camille. Ne me fuis pas, je t’en prie. J’ai besoin de te parler. J’ai besoin de te voir. Montre-toi.

            Sa voix, ferme au début, se radoucit presque aussitôt. Le cœur de Raphaëlle se serra devant l’expression suppliante de Camille. Celle-ci poursuivit.

– Raphaëlle… Que suis-je pour toi ? Ton amie ? Vraiment ? Moi je ne sais plus rien. Peut-être que cela fait trop longtemps que je n’ai pas eu de véritable amie… Mais je sais que je n’ai jamais ressenti…

            La voix émue de Camille se fit hésitante et tremblante. Elle s’était rapprochée de la caméra de sa tablette et son visage apparaissait plus pur et torturé que jamais. Malgré son trouble, elle continua :

– Ma douce… je… Fais-moi voir ton visage. Je t’en prie.

            Fébrile, Raphaëlle obtempéra. Son visage effrayé parvint enfin à Camille qui lui sourit tendrement avant de reprendre :

– Moi aussi, j’ai peur, tu sais. Je ne comprends pas grand chose. Je sais simplement que j’ai envie de te voir. Envie de te parler. Et envie d’être avec toi, près de toi… contre toi.

            Ses derniers mots s’échappèrent dans un souffle qui atteignit Raphaëlle en pleine poitrine. Elle fixait son téléphone, incrédule. Dans sa tête, des milliers de pensées s’entrechoquaient, toutes plus contradictoires les unes que les autres. Elle voulait répondre mais son cerveau la noyait d’explications, de justifications, de revendications, d’élucubrations vides de sens. Camille l’observait. Elle guettait une réponse qui ne venait pas. A brûle-pourpoint, elle la relança doucement.

– Raphaëlle…

            La jeune femme cessa de respirer. Elle baissa les yeux, incapable de soutenir plus longtemps le regard de Camille. En rompant ce contact visuel, la réponse fusa enfin, presque inaudible :

– Moi aussi.

            De l’autre côté de l’écran, Camille inspira profondément.

– Alors pourquoi ? Pourquoi est-ce que tu… Pourquoi est-ce que je te sens si… distante, par moment ?

            Raphaëlle aurait voulu crier et s’enterrer en même temps. Elle frottait nerveusement ses mains et évitait toujours de regarder son téléphone.

– Pourquoi est-ce que je te fais si peur ?

– Parce que tu ne sais pas…

            Les mots de Raphaëlle moururent dans un petit sanglot qu’elle ne put réprimer. A la vue d’une larme qui dévalait sa joue, la gorge de Camille se serra.

– Écoute, je ne veux surtout pas te faire mal ou te faire peur… Et j’ai l’impression de ne faire que cela. J’aurais aimé que tu me dises comment faire pour l’éviter, mais je me rends bien compte que… c’est douloureux. Si tu préfères que je me taise ou que je te laisse tranquille, tu peux me le dire et je ne t’embêterai plus.

– Non.

– Tu veux que je continue à t’embêter ?

– Tu ne m’embêtes pas…

            Camille ne savait plus trop quoi dire. Elle ne voulait surtout pas que Raphaëlle, comme à son habitude, se refermât comme une huître.

– Alors on peut continuer de parler ?

– Oui.

            La jeune femme, qui évitait toujours scrupuleusement de croiser la caméra du regard, répondait comme aurait fait un enfant craintif. Alors, comme elle l’aurait fait avec un enfant, Camille tenta de mettre des mots sur les peurs de Raphaëlle :

– Mais tu ne veux pas que je te parle de mon envie d’être avec toi, c’est ça ?

– Il ne vaut mieux pas, non.

– Parce que tu crois que c’est une plaisanterie, pour moi ?

– Non… Parce que j’ai peur que tu sois sérieuse.

            Camille était perdue. Elle tâcha pour un temps de mettre de côté ses propres questionnements pour démêler les émotions incompréhensibles de Raphaëlle. La jeune femme, tête baissée, menton tremblant, se cachait de nouveau derrière ses cheveux.

– Mais… Tu as quand même envie de me voir ? De me parler ? De… d’être avec… d’être… en ma présence ?

            Raphaëlle acquiesça de la tête, trois fois d’affilée.

– Alors je te propose quelque chose.

            La jeune femme releva la tête, dans l’expectative.

– Laisse-moi te voir. Te parler. Être avec toi. Je te promets de ne rien faire pour te blesser ou te faire peur. Je veux simplement… J’ai envie d’être avec toi. Moi aussi, j’ai besoin de comprendre… Et j’ai besoin de te parler. Tu veux bien ?

            Raphaëlle acquiesça une nouvelle fois.

– Viens me voir demain. Demain soir. S’il te plaît.

            Cette fois-ci, Raphaëlle secoua la tête. Comme Camille s’apprêtait à lui demander pourquoi, elle rompit enfin le silence :

– Je ne serai pas capable de faire semblant… devant tes parents…

            Camille sourit. A bien y réfléchir, elle non plus ne serait sans doute pas en état d’entretenir une conversation mondaine avec ses parents et Raphaëlle en même temps.

– Alors… tu m’autorises à venir chez toi ?

             Sonnée, Raphaëlle regarda autour d’elle. Camille était déjà partout, mais si elle pénétrait ici, qu’adviendrait-il ? La panique l’envahit l’espace d’une seconde, mais face au sourire de Camille, elle décida qu’il serait assurément bien plus douloureux de ne pas la voir du tout. Elle acquiesça donc à nouveau.

– Merci, soupira Camille.

            Quelques secondes s’écoulèrent en silence. Camille essayait de capter le regard encore trop fuyant de Raphaëlle. Quand elle y parvint enfin, son sourire aurait fait fondre l’Antarctique. La jeune femme replia ses jambes sous son T-shirt informe et sourit timidement à son tour. Sans en avoir vraiment conscience, elle était irrésistible. Camille osa :

– Tu ne vas peut-être pas aimer mais… est-ce que j’ai le droit de te dire que j’ai terriblement envie de te prendre dans mes bras ?

            Raphaëlle gémit. Quelque part sous ses côtes, un mur se fissura.

XVI

            L’avion de Camille atterrit un peu avant seize heures. Quand elle repassa au travail pour récupérer ses dossiers pour lundi et déposer les fruits de sa semaine parisienne, les bureaux étaient déserts. Nadine lui avait laissé un mot : Anne apprenait vite et bien, et Camille avait deux nouveaux rendez-vous lundi dans la journée. « Soignez-vous bien… la semaine qui arrive s’annonce chargée ! »

            De retour au bercail, elle annonça à ses parents qu’elle ne mangerait pas avec eux le soir. Devant leur petite mine déçue, elle ajouta qu’elle ne rentrerait d’ailleurs probablement pas de la nuit et qu’ils ne devaient pas s’inquiéter pour elle. André et Marianne étaient des gens pudiques, aussi, ils ne la questionnèrent pas, mais Camille s’amusa d’avoir visiblement piqué leur curiosité.

             Avant de monter prendre sa douche, elle envoya un message à Raphaëlle : « Pose tout et va-t’en ! C’est ta patronne qui l’exige. Je me lave et j’arrive ! C’est… ton rendez-vous qui te prévient… ». Elle n’avait pas monté la première volée de marches qu’elle recevait une réponse : « Chef ! Oui chef ! »

            Les jambes de Camille flageolaient. La veille, elle avait essayé d’être forte. Elle avait tu ses propres doutes, ses propres peurs. La veille, elle s’était montrée patiente et attentive, mais aujourd’hui, elle était en ébullition. Elle ne savait pas du tout à quoi s’attendre, ni comment faire face. Elle redoutait les inébranlables retranchements de Raphaëlle, elle craignait ces questions qu’elle ne se posait pas, elle appréhendait ce désir qu’elle ne maîtrisait plus. L’estomac noué, elle se précipita sous la douche. La seule chose dont elle était certaine, c’est qu’elle avait besoin de la rejoindre, d’être auprès d’elle.

            Malgré sa hâte, elle prit le temps de s’épiler et d’hydrater sa peau. Par habitude, elle s’apprêtait à se maquiller mais elle croisa son reflet dans le miroir. Son visage vierge lui paraissait presque étranger, vulnérable, inoffensif. C’était elle, Camille. Pas la patronne, pas la commerciale, pas la mère, ni la fille de. Simplement elle. Ses petites rides naissantes, ses cernes bien trop marquées à son goût, sa fatigue cumulée de la semaine, c’était elle. Une femme sans fard ni artifice. C’était ainsi qu’elle voulait se présenter à Raphaëlle.

            Elle enfila une paire de jeans et un pull ample, attrapa un sac dans lequel elle fourra une culotte propre et un pyjama, puis elle s’éclipsa sous le regard interdit de ses parents. Elle ne savait pas si elle passerait la nuit chez Raphaëlle. Elle savait simplement que c’était ce dont elle avait envie. Sa voiture vrombit dans le jour finissant. Son GPS indiquait qu’elle était à douze minutes de sa destination. Elle savait d’ores et déjà que ces douze minutes lui paraîtraient interminables.

*

            Raphaëlle se brossait les dents quand Camille frappa à la porte. Elle frotta sa langue à la hâte, se rinça rapidement, s’essuya la bouche et courut lui ouvrir. Camille apparut sur son seuil, les mains dans le dos, un petit sourire coincé entre ses lèvres pincées. Elle lui sembla plus petite. Raphaëlle remarqua instantanément l’absence de talons et de maquillage. Intérieurement, elle la remercia de ne pas avoir joué les femmes fatales. Elle ne l’aurait sans doute pas supporté.

            Quand elle s’effaça pour la laisser entrer, elle se laissa envahir par son odeur. A bien y réfléchir, son aspect immaculé et sa tournure ingénue la rendaient encore plus désirable. Elle se concentra sur la porte qu’elle referma sans un bruit. Quand elle se retourna, Camille était là. Bien devant elle. Silencieuse. Elle levait ses yeux vers elle en attendant… quoi ?

            Sans bouger, sans respirer, elles se regardèrent quelques secondes. Raphaëlle avait la nette impression que des mots voulaient sortir de la bouche de Camille, mais elle ne dit rien. Pour rompre ce silence gênant, Raphaëlle l’invita d’un geste à passer au salon. Quand Camille s’avança enfin dans la pièce, elles respirèrent à nouveau.

– Tu… Tu veux boire quelque chose ? demanda la jeune femme.

            Camille secoua la tête.

– Tu veux t’asseoir ?

            Camille ne répondit pas. Pas vraiment. Elle considéra le petit canapé en cuir et reporta son regard vers la jeune femme. Toujours sans parler, elle lui saisit la main et l’entraîna vers le canapé. Elle la fit asseoir et Raphaëlle obéit docilement. Dans la foulée, Camille s’assit à son tour, dans les bras de Raphaëlle. Elle enfouit sa tête dans son cou et se recroquevilla contre elle. Machinalement, la jeune femme referma ses bras sur elle et la serra tendrement.

            Camille respira longuement la gorge de Raphaëlle. Elle passa ses bras autour de son cou et serra à son tour en lâchant dans un profond soupir :

– Voilà. C’est ça. C’est ça que je voulais. Pardon, mais j’en avais tellement envie… tellement besoin…

             Alors Raphaëlle redoubla la pression de ses bras. Elle voulait retenir cette sensation, même si elle devait être fugace, saisir enfin cette intuition du bonheur.

            Elles demeurèrent ainsi un long moment. Les milliers d’interrogations qui les tiraillaient toutes deux s’étaient évaporées. Ne restait que la certitude d’être où il fallait être, comme il fallait être, avec qui elles devaient être. Quand elles desserrèrent leur étreinte, elles se regardèrent. Leurs yeux délivraient les réponses aux questions qu’elles ne se posaient plus. D’une main fébrile, Camille approcha le visage de Raphaëlle. Ses doigts coururent timidement sur les courbes de ses sourcils, l’arête de son nez, la ligne de sa mâchoire. Ils s’aventurèrent délicatement sur la soie pulpeuse de ses lèvres et comme la jeune femme acquiesça silencieusement du regard, bientôt leurs bouches se rencontrèrent.

            Leur baiser ne fut pas chaste. D’abord subtiles, leurs lèvres se découvrirent sans silence et sans hâte. Très vite, les langues les rejoignirent et leurs souffles ne firent qu’un. Les bras enlacés, les corps embrassées, elles connurent cet instant de grâce ultime : l’urgence de l’autre enfin satisfaite, l’urgence de l’autre qui augure d’autres assouvissements.

            Leurs mains se faisaient caressantes à mesure que leurs bouches se promettaient un désir réciproque, un plaisir à cueillir aux branches de leur union.

            Camille se redressa. Elle monta à califourchon sur Raphaëlle qui se saisit immédiatement de ses fesses. De ses grandes mains, elle les palpa, les pressa fort contre elle jusqu’à écraser le sexe de Camille sur son ventre tendu. Leurs bouches se retrouvèrent au moment où Camille gémit. Entre ses jambes, elle reçut le contact comme une décharge qui la laissa pantelante. Brusquement, elle fut consciente de son exubérante humidité. Le petit bout de langue que Raphaëlle aiguillonnait entre ses lèvres l’excitait terriblement. Au second assaut des mains de Raphaëlle contre ses fesses, elle manqua de jouir. L’intensité de son désir, ou de son plaisir – elle ne savait plus trop – la bouleversa.

            Elle interrompit leur baiser en éloignant Raphaëlle à bout de bras.

– Attends… Attends, lui dit-elle.

            Raphaëlle se figea aussitôt. Son regard, voilé par la passion, retrouva toute sa lucidité en une seconde. Elle porta ses deux mains à sa bouche, comme si elle s’apprêtait à présenter des excuses, mais son corps, lui, encore mu par les vagues insondables de la quête du plaisir, se souleva dans un dernier sursaut. Le frottement de son jean épais contre la fleur éclose de son clitoris suffit à déchaîner l’orgasme de Camille. Son corps tout entier se tendit et elle se cambra dangereusement en arrière dans un cri débridé. Raphaëlle se précipita pour la retenir avant que sa tête ne heurte le sol.

            Les jambes encore transies de spasmes, Camille se releva dans les bras de Raphaëlle. La stupéfaction qui se lisait sur son visage se reflétait sur celui de la jeune femme pendant que toutes deux reprenaient leur souffle. Leurs airs ahuris déclenchèrent un fou-rire qui les secoua une longue minute.

            Lorsqu’elles retrouvèrent leur sérieux, Camille rompit sa position à califourchon et se blottit à nouveau dans les bras de Raphaëlle.

– Je savais que ce serait différent, avec toi. Je savais que ce serait fort, mais pas à ce point !

– Pardon, je suis désolée…

– Menteuse.

            Le sourire de Camille était éloquent, presqu’autant que celui de la jeune femme. Comme Raphaëlle lui caressait distraitement le dos d’une main et la cuisse d’une autre, Camille frissonna.

– Tu es un vrai danger public.

– Même pas vrai. Et puis j’ai tout fait pour signaler le danger, moi, madame ! Alors que toi…

– Quoi, moi ? Je suis l’innocence faite femme ! Je n’étais venue ce soir que pour… être avec toi… Si possible, dans tes bras, c’est vrai, mais juste contre toi !

– Eh bien, tu es venue… contre moi…

            Raphaëlle pouffa de rire alors que Camille fit une moue adorable.

– Non mais vraiment… j’ai honte…

– Honte de quoi ?

– De t’avoir sauté dessus… de… de n’avoir rien compris à ce qui m’arrivait… d’avoir… enfin… d’avoir… tu vois ?

– De n’avoir même pas attendu que je te touche vraiment ?

            A l’idée des doigts de Raphaëlle, Camille crut défaillir. Elle mima un soupir d’exagération pour dissimuler le frisson de désir qui la parcourait à nouveau.

– Un vrai danger public. Ah bravo !

– Mais…

– Tais-toi et embrasse-moi.

            Raphaëlle s’exécuta en veillant bien à ne pas laisser ses mains assouvir leur faim. Elle l’embrassa avec toute la tendresse du monde et Camille ronronna de satisfaction. Non, elle n’avait pas vraiment envisagé d’aller aussi loin, ce soir. Mais jamais elle ne se serait attendue à une telle réaction de son corps. Elle avait très vite pris conscience du fait que le désir qu’elle éprouvait pour Raphaëlle, au-delà de son audace saphique, se montrait excessivement ardent. Elle n’avait jamais connu un tel engouement. Bien sûr, elle était déjà tombée amoureuse, et elle n’avait rien oublié de l’insouciance et de la passion qui caractérisaient les premiers temps d’un amour naissant. Toutefois, elle n’aurait jamais pu s’attendre à cela.

            Elle brûlait de découvrir la peau de Raphaëlle, les mystères alléchants de ses formes, l’expression intime et nue de son plaisir si elle parvenait à le faire exploser en elle comme elle venait de le vivre elle-même. Elle se tordait d’envie de goûter à sa chair, d’avaler ses frissons, de résonner de ses cris. Mais la violence de ce désir terrifiait Camille. La fureur de son propre plaisir, quasi accidentel et si spontané, la déchirait. Serait-elle à la hauteur ? Pourrait-elle y survivre ? Elle avait l’impression de ne plus se connaître. Et elle devait bien admettre qu’elle tremblait de découvrir la Camille de tous les possibles. Parce que, visiblement, avec Raphaëlle, tout devenait possible. Et cette immensité la pétrifiait.

            Blottie au creux de ses bras, Camille ne parlait plus. Elle avait niché sa tête sur l’épaule de Raphaëlle et elle respirait paisiblement son odeur. La jeune femme la berça tendrement, comme pour ne pas rompre l’équilibre précaire entre leurs terreurs respectives et leurs désirs mutuels. Après de longues minutes d’un silence martelé par les battements de leurs cœurs, ce fut Camille qui brisa leur quiétude muette :

– Dis, tu veux bien remettre ton T-shirt d’hier soir ?

            Raphaëlle la regarda interloquée.

– Mon vieux T-shirt de nuit ? Le blanc tout abimé ?

– Oui.

– Si tu veux, mais… pourquoi ?

– Parce que j’ai l’impression que c’est avec lui que je t’ai vue pour la première fois.

            Raphaëlle sourit. Quand elle fit mine de se lever, Camille grogna.

– Mais où tu vas ? Ne me laisse pas !

– Je croyais que tu voulais que je mette mon T-shirt… il est dans ma chambre.

– D’accord.

            Camille se leva pour libérer Raphaëlle, mais au lieu de l’attendre, elle lui prit la main et la suivit jusque dans la pièce voisine. Le lit de Raphaëlle était défait. Son T-shirt informe reposait sur son oreiller.

– Tu veux que je me change maintenant ?

            Camille opina du chef.

– Devant toi ? rougit la jeune femme.

– Oui.

            Raphaëlle ne réfléchit pas. Elle ôta son pull d’un geste fluide. Elle ne portait rien en-dessous et bien qu’elle ne restât pas torse nu bien longtemps, Camille eut l’occasion, pour la première fois de sa vie, de contempler les seins d’une femme avec une impérieuse envie de les caresser, de les embrasser, de les goûter. Et quand elle fit retomber son vieux T-shirt blanc sur sa poitrine, ce fut encore pire. Le coton devenu diaphane avec l’usure et les tétons érigés par son désir rendaient les seins de Raphaëlle encore plus désirables.

            Camille avança vers elle une main inquisitrice. Quand elle posa ses doigts sur le tissu froissé, Raphaëlle ferma les yeux et frissonna. La main de Camille passa d’abord entre ses seins et remonta sa poitrine jusqu’à sa gorge. Elle caressa son cou, enlaça sa nuque, puis redescendit le long de son épaule. Arrivée au coude, elle passa sous ses côtes et glissa sous son sein. Elle en dessina le contour avant de le prendre délicatement dans la paume de sa main. Camille reçut ce premier contact moelleux et chaud comme une épiphanie des sens. Au creux de sa main, elle sentait le téton déjà ferme de Raphaëlle se durcir encore.

            Elle effleura, du bout de ses doigts, la pointe de son autre sein et observa, d’un œil ébahi, le T-shirt qui se déforma instantanément. Entre ses jambes, ce fut un nouveau déluge qu’elle tenta de canaliser aussitôt en rompant le contact. Mais ses doigts ne lui obéissaient plus. Curieux, ils se glissèrent sous le coton blanc et parcoururent, dans un premier temps, la peau du ventre de Raphaëlle. Celle-ci, les yeux toujours fermés, gémit et trembla de plus belle. Quand Camille atteignit enfin la rondeur de son sein, elle ne put retenir une exclamation de surprise : « Oh mon Dieu ! ». Raphaëlle la regarda et sourit à ses grognements de plaisir. Camille s’extasiait :

– C’est… C’est… Mon Dieu qu’est-ce que c’est bon ! Tu… Tu es si douce… C’est…

            La jeune femme la dévisageait tendrement. Elle prit le menton ému de Camille entre ses doigts et vint cueillir ses lèvres en un baiser langoureux. La pointe de sa langue titilla celle de Camille qui se tordit de désir. Quand Raphaëlle libéra sa bouche, la belle rousse recula d’un pas. Elle lança un regard gourmand au lit qui semblait les attendre. Elle ôta ses chaussures, se débarrassa de son pantalon et se jeta dessus sous les yeux incrédules de Raphaëlle. Celle-ci demeura figée, captivée par les jambes impudiquement blanches de Camille qui lui tendait la main.

– Mon ange ?

– Oui…

– Je l’aime vraiment beaucoup, mais tu veux bien enlever ton T-shirt, finalement ?

            Raphaëlle sourit et s’exécuta. Quand elle rejoignit Camille sous la couette, toutes deux étaient nues et, comme leurs vêtements,  leurs doutes et leurs craintes s’étaient envolés.

 

La suite ici.

 

Je profite de cette suite pour souhaiter la bienvenue aux nouvelles et nouveaux abonnés de ce blog. Vous êtes de plus en plus nombreux et je vous en remercie. C’est d’autant plus encourageant : je n’ai plus le choix, il me faudra finir cette nouvelle-fleuve !

Une belle semaine à tous et à très bientôt j’espère… 

 

35 réflexions sur “Du côté de chez soi (partie 9)

    • Pepito dit :

      Ah ! On te fait confiance… on sait que tu sauras nous enivrer d’une rencontre plus approfondie de ces deux-là.
      Cependant, LE chapitre qui me plaît par dessus tout, tu viens de le publier.
      Rien ne surpasse la « bascule » d’une relation amicale en relation trouble, furieuse. Rien ne surpasse cette sensualité latente, ce désir incompressible, débordant, bouillonnant… Rien n’égale le premier baiser, les premières caresses, la première étreinte…
      ce moment de première communion est bien mon préféré ! Et tu l’as divinement bien décrit !
      Ajoute à cela le fantasme du t-shirt blanc… et je craque, je fonds, je me liquéfie ! 😜😅😘

      Aimé par 2 personnes

  1. Valerie dit :

    J’imagine ta plume effleurer comme une caresse le papier, où les lettres forment des mots et les mots des phrases dans une danse sensuelle enfiévrée….. L’art et la manière lyrique de donner la Vie à la Vie.

    L’ode à l’Amour où la rencontre de belles Âmes, Camille et Raphaëlle mises en œuvre par une Âme amoureuse de l’Amour.

    La suite avec Scrabble ou pas ! saura nous enchanter, je n’en doute point ! 👼🧚‍♀️

    Merci Éloïse 🙏

    Aimé par 2 personnes

    • pucedepoesir dit :

      Merci Valérie ! Quelle imagination !!!
      « l’âme amoureuse de l’amour » fera sans doute rire ma femme pour une petite éternité… Il paraît que dans la vraie vie, je manque désespérément de romantisme… 😀

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