FASCINATION I : LES SEINS

Pour celles qui ont du mal à regarder l’autre dans les yeux…

Crédit image : André Benamour « Nu 3 »


Avant de vous laisser lire les lignes qui vont suivre, IL FAUT que je recontextualise. 
Ce matin, je farfouillais dans un vieux disque dur quand je suis tombée sur de vieux textes… Les tout premiers textes publiés virtuellement. A l’époque, et je parle d’une période qui remonte à près de dix ans, tout se passait sur YAGG, le média LGBT qui hébergeait alors des blogs ouverts à tous. Une de mes amies s’était fixé pour objectif de publier un article par jour sur son « blog du lapin aux yeux rouges ». Et elle s’y tenait vraiment ! C’est à travers son blog que j’ai commencé à m’intéresser à la communauté LGBT. J’étais fraîchement lesbienne et tout à fait inculte, communautairement parlant. Bref, j’allais régulièrement sur Yagg, et en particulier pour lire le blog du lapin aux yeux rouges. Un jour, mon amie m’a demandé de lui pondre un article, parce qu’elle même ne le pourrait pas. Elle avait foi en mon humour et en mes qualités littéraires : je ne pouvais que faire honneur à son blog ! Bref, elle m’a fait confiance… GROSSE ERREUR !
Voici ce qui est sorti de mon esprit quelque peu obsédé… Veuillez vous rappeler que je venais de découvrir… la vie, quoi !
J’avais sobrement intitulé ça : Les seins. A l’époque, j’avais parsemé cet article de photos indécentes… Aujourd’hui, je suis bien trop mûre pour m’abaisser à cela… quoi que...


Photos de Stéphane Ménard : « La chute » et « La volupté »

Qu’y a-t-il de plus bouleversant que la découverte d’un sein ?
Je répondrais très philosophiquement : la découverte d’une paire de seins ! Il est vrai que, quel que soit le calibre, par deux, c’est toujours mieux.
Quand on naît avec des seins, même s’ils ne sont que des seins en devenir les douze premières années, on les accepte, telle une fatalité, comme on a deux bras ou deux jambes. On les regarde pousser, avec plus ou moins de circonspection.
Neuf fois sur dix, on en est déçu. Trop lourds, trop plats, trop clairs, trop mous, trop gros… ou pas assez. Et cela vient bien sûr du fait que nous les filles sommes d’éternelles insatisfaites.
Et puis des seins, on en voit partout : ceux de nos mères, de nos sœurs, ceux qu’on nous exhibe à tout bout de champ à la télé ou dans les magazines…

BOOBSTAGRAM ! (Si, si, ça existe ! Ils en parlent ici…)

Et puis, un jour peut-être, il y a LA première paire de seins. La paire qui compte. Celle que l’on va avoir envie de toucher tout en devinant qu’on risque d’y laisser son âme.
On assiste, plus ou moins consciemment à leur libération, d’un vêtement, un sous-vêtement, un drap… Ou quelle que soit l’entrave.
On ne peut en détacher notre regard. Et là, pour la première fois, on est surpris, ému, bouleversé d’être invité à les approcher. La peur qui nous envahit alors n’a d’égal que la certitude inébranlable qui nous éclaire soudain : rien au monde ne nous fait plus envie que ces seins-là, et notre moi profond jure honneur et f… euh… douceur, à cette double merveille incarnée.
Courageusement, on avance le regard, on le laisse vagabonder respectueusement sur ces vagues de volupté. Notre respiration reste en suspens, telle notre main, qui n’ose encore déflorer de ses moiteurs le pur Eden aréolé. Avec un peu de chance, les circonstances font que notre trouble se propage par delà l’autre corps, et c’est avec émerveillement qu’on voit alors éclore un téton, … que dis-je, un téton ? Non, DEUX, simultanément ! Deux tétons délicatement irisés, tendus à point, attendant fièrement qu’on vienne les cueillir à doigts ouverts.
La plupart du temps, un accord tacite suffit. Mais quand la peur est trop grande, un timide « Je peux… ? » achève cette insupportable attente. Vive le consentement mammaire !

Au contact desdits seins, la mort se fait nôtre. On glisse, vaincu, sur des parcelles inconnues qui nous accueillent dans l’éternité de la chair. L’excitation est sublimée. Nos paumes implosent, nos doigts fondent dans cette mouvance lascive, et chaque capteur de notre peau nous renvoie à des sensations inexplorées.

Je referme pudiquement la fenêtre sur l’intimité de ce moment, juste avant que nos lèvres à leur tour ne…

Bref.

Il y a CES seins-là, les premiers, les seins originels.
A partir de cet instant, notre regard sur les seins change radicalement.
Ils ne sont plus un appendice corporel dont la moitié des habitants de cette planète sont affublés et qui peuvent représenter une certaine affection maternelle ou avoir une empirique valeur esthétique.
Ils deviennent le TOUT. Le but ultime. La lumière. La douceur dans ce monde de brutes.
Personnellement, j’ai été touchée par la grâce.

Depuis… mon Dieu… des seins !!! Partout DES SEINS !!!

« Fête de la Tous Seins », Par Edith Donc (je kiffe le titre et le nom de l’artiste !)

Ce fut là mon premier « article ». Je remercie le Blog du lapin aux yeux rouges de l’avoir hébergé (en dépit de tout bon sens). C’était drôle de retomber là-dessus. J’espère n’avoir traumatisé personne et je vous rassure, avec le temps, on mûrit !

Tiens, des seins !

Je voulais rajouter une petite dédicace particulière à ma femme, qui venge à elle seule toutes les poitrines que j’ai pu offenser par mon attention quelque peu déraisonnable.

2 réflexions sur “FASCINATION I : LES SEINS

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